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CD booklet
Bach: Cantates pour l'éternité BWV 4, 9, 106, 181

The WholeNote
October 2, 2017

This CD contains recordings of four cantatas: two very early ones, composed when Bach was working in Mühlhausen (including the earliest one, the beautiful funeral cantata Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit, and two later ones which date from Bach’s Leipzig period. Two things stand out: firstly, that following the theories and the practice of Joshua Rifkin and Andrew Parrott, the choral sections are sung by the soloists one to a part (which is probably historically correct and produces a real gain in clarity) and secondly, that the soloists are all young singers at the beginning of their careers; they were the winners of a competition held in 2014.

Tenor Philippe Gagné is the only one whom I have heard in concert. He is very good and so are the other three: Odéi Bilodeau, soprano, Elaine Lachica, alto, and Drew Santini, baritone. I found the baritone especially impressive.

In the 18 th century it was expected that instrumentalists could play more than one instrument. Here we find that that practice is not entirely obsolete: Margaret Little plays viola and viola da gamba, Susie Napper plays cello as well as viola da gamba, Mélisande Corriveau plays cello and recorder and Matthew Jennejohn plays both oboe and cornetto.

There are now a number of complete recordings of Bach’s cantatas. Montréal Baroque has never presented their cantata recordings as a complete cycle but I hope that is what they will become.

Hans de Groot – The WholeNote

Anaclase
August 23, 2017

Entre Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir BWV 131 (Mühlausen, 1707) et Lobe den Herrn, meine Seele BWV 69 (Leipzig, c.1747), ce sont plus de deux cents cantates sacrées que signe Johann Sebastian Bach (1685-1750). D’emblée, l’usage du choral luthérien différencie le natif de Thuringe d’autres prédécesseurs à l’orgue de Saint-Blaise (Mühlhausen), comme le précise François Filiatrault dans la notice du disque : « chez lui, les mélodies issues de la Réforme deux siècles plus tôt et que tous les fidèles connaissent sont tour à tour harmonisées, contrepointées, ornées, variées ou utilisées comme cantus firmus, enrobées par un jeu simple ou complexe de voix et d’instruments ».

Vétérane des quatre cantates au programme – les premières s’apparentent plutôt à des concerts spirituels, mais l’usage retient ce terme générique –, Christ lag in Todesbanden BWV 4 (Christ gisait dans les liens de la mort – Mühlhausen, 1708) emprunte ses sept strophes à Martin Luther (1483-1546) pour évoquer la victoire sur la mort. Conçu comme un motet de style ancien émaillé de réminiscences (Böhm, Buxtehude, Pachelbel), le figuralisme y règne en maître. Quelques mois après cette création pascale redonnée à Leipzig en 1724 et 1725, Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit BWV 106(Le temps de Dieu est le meilleur des temps – Mülhausen, 1707) voit le jour, rassemblant des extraits de la Bible sur l’agonie au Golgotha et l’apaisement lié aux promesses divines. Sous-titrée Actus tragicus, la cantate a sans doute accompagné le service funèbre d’un oncle maternel.

Contrairement à celui qui se soucie de luxure et d’avarice, le chrétien véritable est une bonne terre qui retient la graine qu’on y lance. C’est ce que raconte Leichtgesinnte Flattergeister BWV 181 (Les esprits frivoles et insouciants – Leipzig, 1724), fondé sur des mots anonymes ravivant la parabole du semeur, commune aux quatre Évangiles. Enfin Es ist das Heil uns kommen her BWV 9 (Le salut nous est venu – Leipzig, c.1732) invite à l’espoir, à la confiance, et rappelle au fidèle que le salut est affaire de foi (« Nur der Glaube macht gerecht » – seule la foi rend équitable).

Ensemble constitué spécialement pour le festival canadien éponyme (fondé en 2003), Montréal Baroque réunit ici une vingtaine d’instrumentistes avec cordes, flûtes à bec, sacqueboutes, cornet à bouquin, orgue, etc. Le New-yorkais Eric Milnes les guide le long de cette frontière entre dernier soupir et vie éternelle, parfois d’une gravité quasi funèbre, mais le plus souvent empreinte de légèreté. Les chœurs sont chantés à une voix par partie, mêlant ou alternant quatre solistes sans faille : Odéi Bilodeau (soprano agile), Elaine Lachica (alto expressif), Philippe Gagné (ténor nuancé) et Drew Santini (baryton d’une tendre fermeté).

Laurent Bergnach - Anaclase.com
 

Le Parnasse musical
May 3, 2017

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Eric Milnes et Montréal Baroque ont réalisé ici probablement le plus bel album de la série Atma consacrée aux cantates de Bach. L’interprétation est minimaliste, et le traitement des voix, en particulier la soprano et l’alto, est dépouillé et d’une simplicité désarmante.

L’aspect désincarné et détaché de la prestation se lient naturellement aux textes sacrés. Les vibratos sont exclus, conférant aux lignes vocales une pureté qui invite au recueillement le plus profond. Musiciens et chanteurs semblent s’être livrés humblement au service de la musique de Bach.

Christ gisait dans les liens de la mort BWV 4, et la cantate funèbre « Actus Tragicus » BWV 106 sont des oeuvres d’un jeune Bach aux idées étonnantes, encore proche d’un 17e siècle archaïsant et lié aux modes anciens. Les musiciens montréalais en ont fait une lecture très respectueuse, qui se rapproche et surpasse parfois en qualité les meilleures interprétations du passé.

L’intimité, la beauté, et des moments qui touchent au sublime éclairent ce disque essentiel sur le thème de la mort et l’éternité.

Le Parnasse musical