FR

Cart 0 item(s) View Cart Sign In

Studio de musique ancienne de Montréal , group

11/10/2017

Revisiter la musique de la Nouv.-France à Odanak

Revisiter la musique de la Nouvelle-France à Odanak

Qu’est-ce qu’on écoutait en Nouvelle-France? La vidéo que vous vous apprêtez à voir répond en partie à cette intrigante question : il s’agit d’un Ave Maria en abénaquis, enregistré à l’église Saint-François-de-Sales d’Odanak, dans la région du Centre-du-Québec. Les explications se trouvent sous la vidéo.

Le rôle de la musique sacrée en Nouvelle-France
Source : François Filiatrault, livret de l’album Musique sacrée en Nouvelle-France. Celui-ci sera offert pour écoute sur notre site dès le 13 octobre.

Malgré les nombreux défis d’adaptation auxquels ont fait face les premiers Français d’Amérique, l’art musical n’était pas considéré comme futile. Au contraire, on lui attribuait une valeur essentielle; celle de participer à l’harmonisation sociale et spirituelle des communautés de la Nouvelle-France.

Rappelons qu’à l’époque, les institutions religieuses régnaient dans pratiquement toutes les sphères de la société : spiritualité, santé, éducation, politique, famille, etc. C’est naturellement par leur entremise que la musique européenne a fait son chemin jusqu’ici, comme en témoignent les 160 livres de musiques sacrées de l’époque, conservés dans les archives de communautés religieuses à Québec et à Montréal.

Bon à savoir : à l'occasion du 375e de Montréal, le Studio de musique ancienne de Montréal interprétera des chants évoquant ses 130 premières années d'existence à l'église Immaculée Conception, le 15 octobre à 15 h.

La musique prenait essentiellement la forme de chants sacrés (plain-chant et polyphonie), et certaines pièces polyphoniques incluaient à l’occasion des instruments, tels que la flûte, le violon et la viole de gambe. Les meilleures voix étaient recrutées par les couvents et les églises pour interpréter le répertoire du petit motet lors de fêtes religieuses. Le titre d’un recueil du compositeur Nicolas Lebègue, paru en 1687, est assez éloquent en ce sens : Motets pour les principales fêtes de l’année, à une voix seule avec la basse continue et plusieurs petites ritournelles pour l’orgue ou les violes, pour les Dames religieuses et toutes autres personnes. Difficile d’être plus clair!
En outre, la musique était un des outils de communication de l’Église qui avait une autre vocation : celle de faciliter les entreprises d’évangélisation des peuples autochtones. Pour ce faire, ses fidèles représentants traduisaient les textes des chants dans leur langue, afin de leur donner accès aux fables divines. Un manuscrit contenant de ces chants traduits en abénaquis est d’ailleurs conservé à la mission de Saint-François-de-Sales, qu’on appelle maintenant Odanak.

Dans cette entrevue, Nicole O’Bomsawin, agente culturelle du Grand conseil de nation de Wabanaki, explique que les Jésuites avaient remarqué l’étonnante facilité d’apprentissage des cantiques de la part des Abénaquis, notamment parce qu’ils chantaient déjà en harmonie.
Pour lire l'article et visionner la vidéo: ICI
Claudia Beaumont - ICI Musique