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Livret
Sofia Goubaïdoulina: Musique de chambre

Anaclase
1 mars 2016

Née en 1931, Sofia Goubaïdoulina grandit à Kazan, capitale de l’actuel Tatarstan où elle apprend le piano et commence à composer, avant d’intégrer le conservatoire de Moscou. La trentaine passée, elle y obtient son diplôme de fin d’études, bien que ses choix esthétiques inquiètent un jury encore sous l’œil sévère de l’Union des compositeurs. Soucieuse d’innover, elle multiplie les expériences telles l’écriture pour le cinéma, l’approche de l’électroacoustique ou la fondation de l’Ensemble Astreya (1975), un groupe de musique traditionnelle et improvisée sur des instruments rares aux timbres méconnus (Asie, Caucase, etc.). La Russie en dégel lui permet d’accompagner une avant-garde digne d’intéresser l’Occident (avec Schnittke, Pärt ou Denissov) ; mais le sérialisme s’avère une source d’enthousiasme sans être le territoire où elle souhaite vivre, sans doute parce qu’il est incompatible avec sa préoccupation du symbolisme chrétien ou les idées mystiques.

Si, à l’instar de tant d’autres, elle livre au piano ses toutes premières recherches (Chaconne, Sonate, Musical toys, etc.), cette admiratrice de Chostakovitch se penche sur les cordes dès 1971 – c’est d’ailleurs un concerto pour violon, Offertorium (1981/1986), qui lui assure une reconnaissance internationale [lire notre chronique du 25 juin 2009]. La première partie de ce programme chambriste permet l’écoute de quatre quatuors d’un mouvement unique écrits sur une quinzaine d’années, complétés par Reflections on the theme B-A-C-H (2002), commande des Brentano pour compléter un des dix mouvements de Die Kunst der Fuge.

De son propre aveu pessimiste, le Quatuor n°1 (Cologne, 1979) cultive « la désintégration et la dissociation ». Des segments variés s’y succèdent, qui disent le mal-être (inquiétude, plainte), parfois la franche récrimination (« sirènes », cris agités), mais sans aller jusqu’à la noirceur totale, grâce à de timides clairières çà et là. D’une envergure moindre, le Quatuor n°2 (Kuhmo, 1987) poursuit ce travail, dans le fond et la forme ; tout d’abord lancinant et instable, il amorce un climat lyrique pour un semblant d’apaisement final. Pour sa part, le Quatuor n°3 (Edimbourg, 1987) fait régner le jeu senz’arco : dans sa première moitié, une pluie de pizz’ d’abord délicats et apaisants, puis plus fiévreux et lourds, laisse place à d’amples surfaces expressives, comme autant de flaques mélancoliques reflétant la couleur du sol et du ciel. Enfin, le Quatuor n°4 (New York, 1994) livre frémissements et mijotements mystérieux. La recette se tient-elle dans les trente dernières secondes ?

Goubaïdoulina aime associer les cordes à d’autres instruments, tel l’accordéon [lire notre critique du CD] ou un piano plus traditionnel, comme avec son Quintette (Moscou, 1958) qui doit beaucoup au chef de file de la musique soviétique (harmonie, rhétorique, textures, etc.) en y mêlant une fantaisie toute personnelle – « Elle chante comme Schubert, écrit Robert Rival dans la notice, alors que Chostakovitch vocifère comme Beethoven ». Louise Bessette rejoint l’excellent Quatuor Molinari (fondé en 1997) pour quatre mouvements joyeux, goguenards et pugnaces où le grincement n’est jamais loin, à l’exception d’un Larghetto sensibile plus intérieur. Le programme s’achève avec un magnifique Trio à cordes (Paris, 1989), globalement mystérieux et aéré, et Freue dich ! (Kuhmo, 1988), sonate pour violon et violoncelle inspirée par une parabole du philosophe ukrainien Grigori Skovoroda (1722-1794).

LB
 

Amadeus
22 janvier 2016

Artistico: ***** Tecnico: *****

Il canadese Quatuor Molinari, ensemble votato al repertorio contemporaneo e reduce dalle registrazioni integrali dei quartetti per archi del connazionale Murray Schafer e del russo Schnittke, ci presenta in doppio cd l’opera completa di un’altra gloria dell’ex Unione Sovietica, anzi al femminile la più grande di tutte: Sofia Gubaidulina. Con gli archi la compositrice ha sempre avuto un rapporto intenso e quasi preferenziale; la cifra più evidente del suo linguaggio si è rivelata primariamente nel personalissimo utilizzo di questi strumenti. Occasione ghiotta di avere a disposizione non solo l’integrale dei quattro splendidi quartetti, ma anche il sublime Trio per archi del 1988, la grande Sonata per violino e violoncello intitolata Gioisci! del 1981 e il più recente Riflessioni sul tema BACH del 2002. Per completare lo sguardo d’insieme cronologico e stilistico non poteva mancare il cospicuo Quintetto (1957) nel quale al Molinari si aggiunge la pianista Louise Bessette: lavoro giovanile influenzato da Šostakovič e Prokof’ev. I Quartetti rappresentano un distillato prodigioso della sua maestria costruttiva nella fase centrale della sua carriera; il Quartetto n. 1 del 1971, rivela già la sua originale ricerca, soprattutto timbrica, che prosegue e si affina poi nei coevi Quartetti n. 2 e n. 3, entrambi del 1987. Con il Quartetto n. 4 del 1993, nel quale è prescritto l’uso di un insolito battente creato ad hoc, il suono live è interlacciato ad altri due quartetti pre-registrati su nastro. Suono einterpretazione all’altezza della sostanza musicale: eccelsa.

Giuseppe Scuri - Amadeus

La Folia
21 janvier 2016

After wrestling with Schnittke, the Molinari get into the ring with Gubaidulina. If they had tackled just the four string quartets, we would have excellent examples of Gubaidulina’s vast depth. The additional Piano Quintet pins Gubaidulina’s innovation in the context of 20th-century Soviet music, and the duo,Rejoice!, demonstrates her philosophical and religious enthusiasms. The Molinaris are powerful advocates.

No. 1 was written on the way out of a post-Stalin serialist inoculation. Gubaidulina’s mature style is in evidence: The material leads by asking questions. The work combines strict notation with freer passages. For a theatrical ending the players must gradually move away from each other as their final repeating gestures demonstrate indifference.

Commissioned and created the same year, it’s possible to hear Nos. 2 and 3 as a pair, but I don’t think that was the intention. The Second is compact and severe. Its tightrope melodic lines radiate from a single note, perched just high enough so that the natural instinct is to knock them down. The Third is a larger statement (all four quartets are single movements), opening onto a gigantic expanse of pizzicato. Bowed notes appearing halfway through create canonic material rising gradually upwards.
The Fourth requires that the quartet capture itself on tape playing material at a quarter-tone remove as well as gently bouncing objects (ping pong balls?) on the strings. Eventually the live quartet absorbs and extends the pre-recorded material.

The Piano Quintet is the earliest composition here, its rhythm and grammar reflecting Shostakovich’s influence. Later traits are also on display: After initial melodic statements and accompaniments, Gubaidulina’s harmonies wander to dissonant corners, and frenetic passages resolve by transitioning to completely different material. The String Trio was written between the Third and Fourth quartets. That three voices can’t be equally divided lends itself well to Gubaidulina’s exploration of texture and sound production. Time stops in the central movement, only to stumble forth and get derailed yet again.

The 25-minute grand duo sonata (originally for Russian giants Oleg Kagan and Natalia Gutman) expresses Gubaidulina’s religious and philosophical concerns. The five parts are titled with epigrams from Hryhorii (or Gregory) Skovoroda, a Ukrainian poet, philosopher and composer.

Grant Chu Covell - La Folia

 

Diapason
9 septembre 2015

Le Quatuor Molinari reçoit des éloges de la revue française Diapason pour leur enregistrement de la musique de chambre de Sofia Gubaidulina paru en janvier dernier : « Le Quatuor Molinari est chez lui dans ce monde sonore souvent éthéré, tout à fait personnel, cohérent, avare de ruptures formelles sinon de paroxysmes dramatiques. Les Molinari et l'excellente Louise Bessette pénètrent avec ferveur au cœur d'un tel univers. »
Cote: 5 diapasons 
Pour la critique complète cliquez ICI

The Strad
30 juillet 2015

 ...« these are exceptionally fine performances, captures in warm faithful sound. » - David Kettle [The Strad]

Pour lire la critique complète cliquez ICI

Gramophone
1 juillet 2015

 Having recorded the quartet output of R. Murray Schafer and Alfred Schnittke, the Montreal-based Quatuor Molinari now turn to that of Sofia Gubaidulina. Her four quartets chart a two-decade transition from relative obscurity to international acclaim: interesting that the biggest difference between the elegiac stasis of the Second Quartet and the textural volatility of the Third, written in the same year (1987), while the First and Fourth Quartets confirm a transition from arresting diffuseness to focused unity. This quality is equally evident in the highly concentrated String Trio included on a second disc between the early, Shostakovitch-permeated Piano Quintet and combative violin-and-cello sonata Rejoice!. Rounded off by the pungent Reflections on the Theme B-A-C-H, this is an impressive and absorbing conspectus.

Gramophone

American Record Guide
1 mai 2015

« I enjoyed a previous recording of all the quartets by the Stamitz Quartet (Supraphon 4078; Sept/Oct 2012). The present group is even better in musical phrasing and is recorded with more clarity and resonance, making this the best account of these works that I have heard.» 
D. Moore - American Record Guide

Voir
5 février 2015

 Voir recommande
★★★★
Le Quatuor Molinari ne fait jamais les choses à moitié. Après avoir enregistré l’intégrale des quatuors à cordes de R. Murray Schafer et d’Alfred Schnittke, le voici qui nous offre ceux de Sofia Gubaidulina, et plus. On ne se plaindra pas, d’ailleurs, de ce plus, qui nous vaut sur le deuxième disque l’excellent Quintette avec piano (Louise Bessette), l’une des toutes premières œuvres de la compositrice (1957), qui sonne un peu comme du vieux Stravinski (pas un reproche!). Les quatre quatuors, que le Molinari donnait en concert en 2011 pour célébrer les 80 ans de Gubaidulina, sont plus proches du style expressionniste tourmenté qu’on lui connaît, et l’ensemble que mène la violoniste Olga Ranzenhofer en offre des interprétations d’une grande qualité.
Réjean Beaucage - Voir

 

The WholeNote
1 février 2015

Montreal’s Quatuor Molinari has another outstanding release on the ATMA label (ACD2 2689), this time featuring the Complete String Quartets and other chamber string music of Russian composer Sofia Gubaidulina (b.1931). The first of two CDs is devoted to Gubaidulina’s four string quartets, and the brief Reflections on the theme B-A-C-H. The second presents a piano quintet, a string trio and an extended work for violin and cello. As with their 2013 release Alfred Schnittke – Chamber Music Volume 2, the quartet is joined by justly renowned pianist Louise Bessette for Gubaidulina’s Quintet for Piano and Strings, a student work from 1957 which immediately drew my attention. Despite the obvious influence of, and homage to, Shostakovich throughout the work, and a playful second movement theme somewhat reminiscent of Prokofiev’s Peter and the Wolf, the young composer displays a distinctive voice of her own. The four movements span just over half an hour and after an extended introspective Larghetto the piece ends with a rambunctious Presto which despite its driving ostinato cello line eventually ends gently, not with a bang, but a whisper. 

There was a hiatus of more than a decade between the quintet and the first string quartet, composed in 1971, by which time Gubaidulina’s personal language had developed and matured. Gone are the tuneful themes and bouncy melodies. The writing is much more angular and pointillistic, the individual lines quite independent, and we hear suggestions of Lutosławski at his most astringent. Once again the work ends in near silence. 

There was another long break before Gubaidulina returned to the chamber string medium, but 1987 saw a flurry of activity. String quartets were commissioned for the Sibelius Quartet in Finland and for the Arditti Quartet by the BBC, and a string trio was written at the request of the French broadcaster RTF. The String Quartet No.2 is a nine minute, one-movement study in sound production focusing primarily on the note G which eventually gives way to “bowed clusters [which] mingle with melodic fragments against a backdrop of harmonics that rise up to the stratosphere of pitch” in the words of composer Robert Rival who provides the excellent booklet notes. String Quartet No.3, again in one movement, as are all of Gubaidulina’s string quartets, is roughly twice the duration of its predecessor. It begins with a sparse pizzicato texture which gradually fills in, but it is not until about the halfway mark that we hear any bowed sounds at all. The piece once again ends gently, with staggered glissandos rising into the ether. 

String Quartet No.4 followed a few years later, in 1993, on a commission from the Kronos Quartet. It begins with insect-like buzzing over which sparse melodic fragments gradually emerge, intertwine and build in a dramatic arch that then slowly dissolves back into “night music.” At less than 12 minutes it brings the complete cycle of Gubaidulina’s string quartets to a close with a total duration of about an hour. To this she has added the seven minute BACH piece which was written in 2002 at the request of the Brentano String Quartet, whose tenth anniversary project was to record Bach’s Art of the Fugue with ten companion pieces by invited composers interspersed. Gubaidulina chose the final, unfinished fugue of Bach’s ultimate work as her theme and as with the original it seems to end in mid-sentence. 

The second disc includes the Piano Quintet discussed above and the string trio – a three-movement work once again reminiscent to my ears of Lutosławski – plus Rejoice, a 1981 composition for violin and cello. I first encountered this half-hour elegy in a CBS recording by Gidon Kremer and Yo-Yo Ma as the companion piece for Shostakovich’s funereal String Quartet No.15 with its six adagio movements. Again in the words of Robert Rival “The title of the substantial sonata for violin and cello […] ought not to be taken
literally, the music less expression of outward joy than metaphoric contemplation upon its stated theme.” There are certainly moments of brightness along the journey, but I think that contemplation is indeed the operative word. 

The Molinari is to be congratulated for this outstanding release. Recordings of this repertoire are very rare – even the two that boast the complete quartets do not include these other works – and indeed this is the only recording of the Piano Quintet that I have encountered. That being said it is hard to say whether these performances
are definitive as there is so little to compare them with, but I will say unequivocally that they are very convincing and a significant contribution to our understanding of this important composer.
David Olds - WholeNote magazine

ICI Musique
27 janvier 2015

Le Quatuor Molinari et Sofia Gubaidulina : un tandem qui cultive la surprise

Le quatuor Molinari est un ensemble qui n'a pas froid aux yeux. Un peu à l'image du célèbre quatuor Kronos, il franchit allègrement les frontières stylistiques (pop, classique, contemporain, rock et avant-garde) avec toujours la même rigueur et la même qualité musicale. Son nouvel album, Sofia Gubaidulina, consacré à la géniale musique de la compositrice russe du même nom née en 1931, nous transporte dans un univers sonore à nul autre pareil.

Mon commentaire sur le jeu musical du Molinari sera bref. En effet, que dire d’intelligent devant une telle maîtrise frôlant la perfection? Je me concentrerai donc sur la musique elle-même, qui mérite présentation.

 

En bonne compositrice contemporaine, Gubaidulina affectionne les harmonies éclatées et les rythmes fracassés et non linéaires. Mais contrairement à plusieurs de ses collègues, elle cherche toujours à créer une atmosphère de mysticisme et de surprise dans ses compositions. C’est probablement son côté rieur doublé de sa grande spiritualité qui agit sur elle en amont. C’est aussi pourquoi, malgré l’absence de mélodies et « d’accroches » musicales de type grand public, sa musique demeure foncièrement accessible pour l’auditeur curieux.

Il y a presque toujours des « couettes » qui dépassent dans son instrumentation, et l’impression de froideur intellectuelle qui prévaut dans d’autres pièces d’avant-garde est ici remplacée par un intérêt stimulé par ces surprises qui arrivent au détour d’un passage instrumental.

L’album double présente les quatre quatuors de Gubaidulina, en plus d’autres œuvres de chambre comme le Quintette pour piano et cordes (une pièce de 1957 qui ressemble beaucoup à du Shostakovich!) avec Louise Bessette au piano, le Trio pour cordes et la Sonate pour violon et violoncelle.
Frédéric Cardin - ICI Musique.ca

 

 

Ici Radio-Canada Première / Samedi et rien d'autre
17 janvier 2015

« Louise Bessette (…) est une musicienne que je trouve exceptionnelle et que j’ai beaucoup de plaisir à écouter et je conseille d’acheter cet enregistrement »
Edgar Fruitier - Samedi et rien d'autre