EN

Panier 0 item(s) Voir mon panier Me connecter

Livret Album de photos
Impressions

Magazine Son & Image
22 août 2017

Je l’avoue tout de go, je ne suis pas un fervent d’écoute des grandes orgues dans mon salon. Je trouve que le son de grandiloquence de ce noble instrument peut-être trahi par un système audio ne s’avérant pas à la hauteur. C’est exactement le contraire que veut nous prouver l’organiste de la Maison Symphonique avec cette sortie d’Impressions chez Atma. En rassemblant des musiciens de haut calibre et en choisissant un répertoire allant des Balkans à l’Europe de l’Est, de standards du jazz et même d’une pièce québécoise de Daniel Mercure.

Lauréat de plusieurs prix, des études en jazz et orgue avec Mario Stanchev et citant ses paroles d’une entrevue : « J’ai toujours cultivé une passion pour les musiques qui débordent des cadres rigides du classique. En 1990, j’avais un duo orgue/saxophone et nous jouions dans les églises ce jazz et ces musiques de l’est… Cela fait partie de ma démarche de musicien d’illustrer pour le grand public les autres facettes de cet instrument sur lequel il y a tant de préjugés… »

Jean-Willy Kunz réussit avec brio ce pari singulier en s’adjoignant le talentueux clarinettiste André Moisan, interprétant « Petite Fleur », reconnu internationalement, la tromboniste aguerrie Hélène Lemay et le bassiste Frédéric Alarie qui fournit une pièce « In Spirit/ Impressions », un doublé avec le classique de John Coltrane, la rythmique impeccable du percussionniste Paul Picard et surtout le jeu « retenu » de Jean-Willy qui sait contrôler ce monstre dont le son peut facilement écraser les autres instruments. Il y réussit avec doigté, sans jeu de mots. C’est d’ailleurs son choix de présenter ces pièces à saveur orientale. Notons aussi un enlevant « Fly Me to the Moon » en plus de « Variations jazz sur un thème de Paganini ».

Il est peu fréquent qu’on réussisse à faire la jonction entre un quintette de jazz, une musique du monde et un univers de musique classique. Mission accomplie avec brio et excellence pour ce jeune musicien. 

Michel Dupuis - Magazine Son & Image

La Presse
6 juillet 2017

JEAN-WILLY KUNZ
DANS UN ÉTAT PROCHE DU JAZZ
Critique du concert du 5 juillet à la Maison symphonique. Concert qui reprend en partie le programme du disque « Impressions »

À la suite d’une prestation pour le moins impressionnante de Christian Lane, que d’aucuns considèrent comme l’un des interprètes-clés du répertoire contemporain consacré à l’orgue, le Montréalais Jean-Willy Kunz a repris hier à la Maison symphonique la matière d’Impressions, album de tendance jazzistique paru récemment chez Atma Classique ; Impressions est aussi le titre d’une pièce incontournable de John Coltrane incluse dans cet album et prévue au programme de cette soirée sous la bannière « L’orgue dans tous ses états ».

Dans un état proche du jazz, en fait. En témoigne ce programme constitué de standards du jazz et de pièces traditionnelles des Balkans de sources tziganes ou juives ; Grana Od Bira, adaptée par le jazzman français Bojan Z, Shalom Aleichem de Bela Kovacs, le standard Fly Me to The Moon, thème jazzifié de Paganini, Impressions de Coltrane, In Spirit de Frédéric Alarie, Spain de Chick Corea (dont l’introduction reprend un fragment du Concerto d’Aranjuez), Guataca City du saxophoniste cubain Paquito d’Rivera, on en passe.

Comme on l’imagine, l’orgue de la Maison symphonique sert normalement aux musiques de tradition classique occidentale, alors… voyons voir comment Jean-Willy Kunz l’exploite dans un contexte jazzistique. À l’évidence, nous ne sommes pas chez Joey DeFrancesco, Brother Jack McDuff ou Barbara Dennerlein, tous virtuoses du Hammond B3. Nous nous trouvons néanmoins à un carrefour où les cultures jazz et classique se trouvent des atomes crochus. Et font la démonstration qu’elles tendent à multiplier les rencontres comme celle-ci.

Ainsi, Jean-Willy Kunz se montre capable d’improviser et d’insuffler un esprit jazz à son instrument, même s’il n’a pas la fluidité des organistes de jazz – on le note d’entrée de jeu lorsqu’il reprend le standard Les feuilles mortes de Joseph Kosma. Le clarinettiste André Moisan est aussi capable de tricoter de belles impros et fait preuve d’une recherche timbrale – il est particulièrement à l’aise dans les musiques d’Europe de l’Est. Un peu moins aguerrie dans l’impro, la tromboniste Hélène Lemay excelle dans les thèmes et dans l’exécution de ces pièces rythmées, et elle peut aussi contribuer au son jazzy de ce quintette que soutiennent rythmiquement le batteur Camil Bélisle et le contrebassiste Frédéric Alarie, certes le plus avancé de tous ces musiciens dans cette esthétique.

Proche du jazz…

Alain Brunet - La Presse

 

ICI Musique
28 juin 2017

L’organiste attitré du grand orgue Pierre-Béique de la Maison symphonique de Montréal, Jean-Willy Kunz, est un amoureux de nombreux genres musicaux, outre le classique, bien entendu. Sur l’album Impressions, il fait littéralement swinger le monumental instrument dans un répertoire de musiques jazz, klezmer, latino et de folklore balkanique. Surprenant et rafraîchissant.

En écoutant Impressions, on est étonné de constater que l’orgue peut être un compagnon efficace dans le contexte d’un ensemble aussi alerte qu’un quatuor de jazz. Cela dit, la nature même de la bête ne peut être évacuée : sauf exception, sa sonorité et ses interventions restent généralement à l’arrière-plan dans les passages en groupe, sinon, il écraserait tout le monde. Dans certains passages, on peut sentir aussi que le titan ne peut tout simplement pas être aussi agile que ses petits compagnons.

Ce qui surprend, cependant, c’est qu’on ne ressent cette limitation qu’occasionnellement. Il faut dès lors féliciter les musiciens qui ont su équilibrer les interventions, choisir les bons moments pour laisser le mastodonte s’exprimer et, a contrario, savoir quand lui confier un rôle d’accompagnateur. De l’instinct musical sûr et intelligent.

J’ai particulièrement aimé le choix du répertoire, à la fois pertinent et accessible. D’un folklore des Balkans (très évocateur) à une danse klezmer (irrésistible) en passant par un hommage à John Coltrane signé Frédéric Alarie (superbe), ou encore un classique du jazz comme Petite fleur de Sidney Bechet, le résultat est que l’instrument se la joue cool tel un immense Hammond B3, en plus élégant, mais avec un effet assez déhanchant pour faire sentir sa présence et affirmer sa pertinence. Il faut en cela féliciter Jean-Willy Kunz, qui s’affirme comme un musicien remarquablement polyvalent.

Qui plus est, Jean-Willy a eu la sagesse de s’entourer d’excellents musiciens qui apportent tout l’éventail des couleurs nécessaires pour que le portrait de l’album prenne vie. Malgré toute la bonne volonté de Kunz, je ne crois pas que l’objectif de décloisonnement de l’orgue ici visé aurait pu être pleinement atteint sans les André Moisan à la clarinette, Frédéric Alarie à la contrebasse, Hélène Lemay au trombone et Paul Picard aux percussions.

Jean-Willy Kunz est ses amis donneront un concert avec ce répertoire le 5 juillet à 19 h à la Maison symphonique de Montréal à l’occasion du Festival international de jazz de Montréal.

Frédéric Cardin - ICI Musique

Le Journal de Montréal
10 juin 2017

Organiste titulaire à la Maison symphonique, Jean-Willy Kunz aime décidément les aventures. En plus de collaborer avec le chanteur Pierre Lapointe, il nous offre deux disques au tempérament bien trempé. Qui aurait pu s’imaginer que l’orgue Pierre-Béique pouvait avoir du swing? En compagnie du clarinettiste André Moisan, première chaise à l’OSM, de la tromboniste Hélène Lemay, du contrebassiste Frédéric Alarie et du batteur Paul Picard, le mélange musique classique et jazz se confond. Sous le titre Impressions, voici que le jeune homme revisite des œuvres de John Coltrane, Eddie Daniels, Paquito D’Riviera, Sydney Bechet et Daniel Mercure. Plus qu’un beau disque, c’est une ode à la musique tout court. Écoutez plusieurs fois Pour mon ami Léon de Daniel Mercure. C’est d’un romantisme fou. À entendre le mercredi 5 juillet à la Maison symphonique. Si vous aimez moins le jazz, sachez que le deuxième disque du jeune organiste est consacré au Carnaval des animaux de Saint-Saëns.

Christophe Rodriguez – Le Journal de Montréal
 

Le Devoir
9 juin 2017

Les CD d’orgue sont susceptibles d’intéresser trois publics : les amateurs d’orgue, les amateurs de musique et les « hifistes ». Atma publie concomitamment deux disques du titulaire de l’orgue de la Maison symphonique de Montréal : l’un en solo (avec, notamment, la Toccata et fugue en ré de Bach, la Toccata de Widor et une transcription du Carnaval des animaux) ; l’autre évoluant entre jazz et klezmer, partagé avec saxo, clarinette, trombone, contrebasse et percussion (« Impressions », Atma ACD2 2721). Les deux enregistrements sont très différents. Produit « pop », où l’orgue est accessoire, Impressions (avril 2015) a un son pop. Le CD purement classique, enregistré en février 2017, capte vraiment l’instrument à distance dans son environnement : le preneur de son Pierre Lévesque donne corps aux graves dans une salle qui les flatte peu. Par contre, on aurait attendu plus d’harmoniques aiguës dans une acoustique si brillante. Le jeu de Kunz est impeccable.

Christophe Huss – Le Devoir
 

Medium Large
2 juin 2017

L'altiste et chroniqueur Frédéric Lambert parle des meilleures parutions et des concerts à venir en musique classique. Il est question de l'album Jean-Willy Kunz au Grand Orgue Pierre-Béique, le premier album mettant en vedette l'orgue de la Maison symphonique de Montréal en solo, ainsi que d'un autre opus de l'organiste français, Impressions, teinté d'influences latines. Frédéric Lambert explique à Catherine Perrin pourquoi ces deux disques valent la peine d'être entendus.

Pour écouter la chronique: cliquez ICI