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Livret
Haunted by Brahms

La Presse +
13 novembre 2017

LES DEUX MONDES DE LEWIS FUREY
Trois étoiles et demie

Avant de devenir ce qu’il est devenu, le Montréalais Lewis Furey avait connu le parcours classique d’un pianiste de concert. Ses études avancées l’avaient mené jusqu’à la Juilliard School of Music, après quoi il a choisi la chanson d’auteur. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner de ce projet « Haunted by Brahms », fameux compositeur allemand qu’il a certainement exploré en profondeur puisque Johannes Brahms écrivait aussi pour piano et voix, au-delà de son œuvre colossale en musique instrumentale. Ainsi, Furey réunit ses deux passions – chanson et musique classique – en s’appropriant 16 lieder, pour la plupart connus, dont il a adapté les textes originaux. Ces adaptations anglaises sont rigoureuses et assument leurs quelques « anachronismes » – pour reprendre le terme du principal intéressé, qui en désigne les petites libertés prises çà et là en toute élégance. L’album se conclut par Haunted, écrite en 1976 alors que Brahms avait 143 ans et que Furey en avait 27… L’exécution pianistique est ici plus que correcte, et la voix un tantinet nasillarde de l’interprète confère à ce répertoire un côté pop assez séduisant. Ce n’est pas sans rappeler que la chanson moderne puise régulièrement dans la grande musique du XIXe siècle, plus précisément dans sa période romantique.

Alain Brunet - La Presse
 

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27 octobre 2017

Imaginons Johannes Brahms (1833-1897) jouant du piano au petit matin dans un bar enfumé de la belle époque, un troquet malfamé au plancher mouillé d’alcool, poussant la chansonnette pour lui-même plus que pour les clients… C’est là que nous emmène Lewis Furey, chantant et jouant ces lieder de Brahms avec un détachement extrême, sans se soucier le moins du monde d’éventuels auditeurs. À cent lieues de la voix de stentor généralement associé au genre, il demeure au contraire personnel, solitaire et intime. Avec une approche semblable à celle que Keith Kouna avait adoptée pour le Voyage d’hiver de Schubert, Furey rajeunit Brahms de quelques décennies, et cette interprétation iconoclaste est peut-être après tout la plus véritablement respectueuse de l’œuvre.

Réjean Beaucage - Voir