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Livret
Cavatine

Classica
27 mai 2019

La notice biographique du jeune violoncelliste canadien nous précise qu'il a fait ses études au « au célèbre Conservatoire de paris » et que Gautier Capuçon l'a sélectionné pour participer à sa classe d'excellence. De fait, ce que l'on entend ici est de premier choix, non seulement par l'habileté technique mais surtout pour la compréhension approfondie des oeuvres. Prenons par exemple la sonate de Poulenc. Il sait en faire ressortir l'ambiguïté mi-humoristique, mi-lyrique (il est vrai que là comme ailleurs, la présence de Philip Chiu est un bel adjuvant car le pianiste possède lui aussi l'imagination sonore nécessaire). Même chose pour la sonate de Debussy, elle est aussi très ambiguë, sauf qu'ici l'humour est plutôt grinçant.

Si l'on excepte la Louange à l'Éternité de Jésus, cinquième mouvement du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen, sublime mélodie d'un lyrisme dépouillé, deux autres oeuvres sont peu connues mais pas intéressantes. Les Chansons bretonnes de Charles Koechlin illlustrent la tendance « retour à la terre » de nombreux compositeurs d'avant-guerre, avec un acompagnement pianistique finement ouvragé tandis que les Variations de concert de Jean Françaix sont d'une veine néoclassique drôle et virtuoses. Ce programme compose un joli panorama d'un âge d'or de la musique instrumentale française, toujours varié et subtil. Et nous découvrons un duo techniquement parfait et d'un style personnel, qui donne envie de le réentendre.

Jacques Bonnaure - Classica

The WholeNote
28 février 2019

Cavatine is the really impressive debut CD from Canadian cellist Cameron Crozman, ably accompanied by pianist Philip Chiu (ATMA Classique ACD2 2787; atmaclassique.com/en). Having studied at the Paris Conservatoire for six years Crozman says it was inevitable that his first album would be filled with French music, and the multi-faceted program here includes Debussy’s Cello Sonata from 1915 and works that the soloist feels emerged from the new wave that Debussy created.

The delightful Cello Sonata by Francis Poulenc really deserves to be heard more often; completed in 1948, its four movements are full of the lyrical charm so typical of the composer.

In the early 1930s Charles Koechlin set 20 Breton folksongs for cello and piano, the first two of the three sets being published in 1934 as Chansons bretonnes sur des thèmes de l’ancien Folklore Op.115; four short pieces from the first collection and two from the second are heard here.

Jean Françaix’s Variations de concert date from 1950, the ten brief variations displaying a wide range of mood, style and tempo, and ending with a dazzling final variation.

The Louange à l’éternité de jésus, the fifth movement from Olivier Messiaen’s astonishing Quatuor pour le fin du Temps completes the disc. A calm, soaring and meditative cello melodic line over quiet piano chords, it perhaps loses some of its effectiveness outside of the context of the complete work, but nevertheless is a beautiful ending to a highly commendable CD.

Terry Robbins - The WholeNote

 

ICI Musique
8 février 2019

Si vous ne connaissez pas déjà le violoncelliste canadien Cameron Crozman, croyez-moi, ça viendra! Et l’album Cavatine, qui vient de paraître sur Atma classique, pourrait bien être un premier (et positif) choc qui inscrira pour longtemps ce nom dans votre esprit.

Cameron Crozman
Le jeune artiste révèle cet amour de la musique française comme une évidence. Et, ma foi, c’en est une si l’on se fie à l’écoute de Cavatine, album impeccablement garni de certaines des plus belles pièces pour violoncelle du répertoire français de la première moitié du 20e siècle. Pourquoi? Parce que la fluidité musicale naturelle de ce jeune homme d’à peine 20 ans, l’impressionnante vivacité et l’irréprochable précision de ses coups d’archet (desquels ressortent des trésors de nuances subtiles, mais limpides et bien affirmées), tout cela est comme la recette idéale d’une parfaite transmission de l’essence de la musique moderne française.

Poulenc et Françaix, les néo-classiques, sont sérieux et malicieux à la fois, dans un équilibre qui sert idéalement la clarté de leur écriture. Debussy est à la fois tendre et grave, sombre et lumineux. La compétition est féroce ici, mais Crozman, 23 ans à peine, démontre une belle compréhension de tous les détours discursifs du langage debussyste. Il évite les pièges et se compare favorablement à de grands interprètes (on pense à Jean-Guihen Queyras, récemment).

Nul doute que plus il grandira en expérience, plus la pertinence de son interprétation prendra du galon et sera même appelée à approfondir notre propre appréciation de l’œuvre. En tout cas, c’est bien parti.

Les Chansons bretonnes de Charles Koechlin sont délicieusement naïves et irrésistiblement mélodiques, dotées d’une belle douceur pastorale et d’une mélancolie lunaire apaisante.

Le programme se termine par Louange à l’éternité de Jésus, un extrait du Quatuor pour la fin du temps, d’Olivier Messiaen. La pièce aux teintes modales (ce qui lui donne un caractère « ancien », voire mystérieux) est une prière exprimée avec lenteur, certes, mais aussi avec une intense conviction et une immuable détermination.

Il ne faut surtout pas oublier son partenaire, le pianiste Philippe Chiu, qui est non seulement un soliste qui épate de plus en plus les mélomanes, mais aussi un chambriste exceptionnel. La chimie entre les deux est complète.

Quelques détails sur Cameron Crozman :
• Il joue sur le violoncelle Stradivarius « Bonjour » (v. 1696) et l’archet Adam « Shaw » (v. 1830), tous deux prêtés par la Banque d’instruments de musique du Conseil des arts du Canada.
• Il a été l’un des six violoncellistes choisis pour la Classe d’excellence 2016-2017 de Gautier Capuçon à la Fondation Louis Vuitton.
• Il est lauréat du prix André-Bourbeau des Jeunesses Musicales Canada, et il bénéficie du mentorat du violoniste canadien James Ehnes.

 Frédéric Cardin - ICI Musique