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Livret
Inspirations

Le Parnasse musical
14 février 2019

Mélisande Mcnabney possède un jeu richement ornementé, d’une improvisation intuitive, tout à fait approprié pour ce genre de répertoire. La claveciniste prend le temps de respirer cette musique, d’en suspendre délicatement le temps. Son D’Anglebert est très beau, méditatif, d’un geste gracieux et dansant. Mme Mcnabney semble avoir une affinité particulière pour cette période milieu 17e siècle. On souhaite déjà l’entendre se consacrer à un autre grand: le magnifique Jacques Champion de Chambionnères (1601-1672), dont D’Anglebert fut l’élève.

Avec Forqueray, musicien bouillonnant aux idées neuves, elle s’investit totalement en pulsions abruptes, acérées, telluriques. Son plaisir de jouer est contagieux. Jupiter est mordant et parfois terrifiant! Tandis que Rameau est rondement mené, autant cérébral que bien senti. Elle lui rend d’ailleurs hommage par quelques transcriptions réussies d’extraits de Platée et des Indes Galantes.

Dommage que, pour ce premier disque, la prise de son soit si proche. On est vraiment au coeur des résonances de l’instrument, d’une splendeur royale soi-dit en passant. Mais on est également en plein milieu de ses moindres défauts et de ses tempéraments inégaux. Ni tout à fait juste, ou parfois franchement faux, l’instrument a probablement été très difficile à ajuster. Et l’oreille, elle, n’y arrive pas toujours…

Sans compromis, d’une acoustique audacieuse aux couleurs vives et contrastées, ce premier disque solo de la petite fille de Mireille Lagacé nous présente une musicienne sûre de son talent, libre et volontaire. Elle est déjà en pleine possession de ses moyens et de sa propre personnalité aux multiples facettes. On attend la suite, ou les Suites!

Le Parnasse musical

Le Devoir
8 février 2019

Inspirations
★★★ 1/2

À voir ou à entendre moult commentaires empressés avant même sa sortie, ce CD semble avoir suscité un engouement inhabituel au Québec pour le clavecin. Il est vrai que l’artiste a de quoi engendrer la curiosité : 3e Prix à Bruges en 2015, elle est la fille d’Isolde Lagacée, directrice de la salle Bourgie, descendante d’une lignée de musiciens, ses grands-parents étant Mireille et Bernard Lagacé, et sa tante Geneviève Soly. Le programme attire l’oreille par deux superbes plages uniques : des transcriptions de « Tendre amour » des Indes galantes et de l’air de la Folie de Platée de Rameau. Elles permettent au CD de se distinguer par rapport aux enregistrements dominants de Christophe Rousset (Decca 2000 et 2001), foisonnants et mobiles, à l’inimitable et impérieux raptus (Passacaille d’Armide de Lully, ChaconneD’Anglebert, 5e Suite de Forqueray). Le geste vif et un accord instrumental plus bas de Rousset se distinguent de la démarche creusée de la Québécoise, accentuée par une captation proche dans ce beau CD, personnel et réfléchi.

Christophe Huss - Le Devoir
 

Medium large
11 janvier 2019

L'altiste et chroniqueur Frédéric Lambert présente les meilleures parutions récentes en musique classique et des concerts à venir dans ce domaine. Il est question de l'album "Inspirations", de la claveciniste montréalaise Mélisande McNabney, qui y reprend à sa façon des airs de Rameau et de Forqueray. Frédéric Lambert explique à Catherine Perrin que ce disque expressif explore de multiples directions. 

Pour écouter la chronique: https://bit.ly/2VUJ4wX