EN

Panier 0 item(s) Voir mon panier Me connecter

Livret
JOHN ZORN

Voir
9 février 2019

****
Ce disque reprend intégralement le programme du concert donné par le Molinari dans le cadre du « marathon de quatuors » présenté au festival Montréal / Nouvelles musiques en 2017, et il calque aussi l’enregistrement, paru chez Tzadik il y a 20 ans, de ce qui était alors l’intégrale des quatuors de Zorn. C’est une mise en contexte, pas un reproche, parce qu’on se réjouit que les œuvres puissent bénéficier d’un nouveau regard, détaché de celui du cercle restreint des interprètes zorniens habituels. Le jeu de massacre de Cat O’Nine Tails gagne des couleurs dans une prise de son impeccable, tandis que Kol Nidre reçoit une interprétation beaucoup plus organique que dans l’enregistrement original. Le Molinari prouve également la pertinence de l’exercice, et sa valeur, dans la suite sado-maso The Dead Man et dans l’introspective Memento Mori.

Réjean-Beaucage - Voir

La Presse +
4 février 2019

4 étoiles
Le Quatuor Molinari a acquis une expertise certaine dans l’exécution d’œuvres de John Zorn devant public, voilà un premier enregistrement de haute volée réunissant des pièces écrites (incluant des séquences improvisées) entre 1988 et 1996. Les courts épisodes successifs de Cat o’ nine Tails (1988) ne sont pas sans rappeler l’approche collage et l’humour cartoonesque de Carl Stalling (génial compositeur des Looney Tunes), mais avec une touche beaucoup plus contemporaine. Les 13 minimouvements de The Dead Man (1990), que le compositeur suggère de se représenter comme « la trame sonore d’un film sordide et sadomasochiste », évoquent du coup des ambiances fort différentes. On observe dans ces tableaux l’usage des cordes représentées comme d’indomptables bêtes ruant dans tous les brancards disponibles ; sons étouffés (avec sourdines de répétition), sons tendus, égratignés, grattés ou écrasés, le tout émaillé de violentes improvisations cousues de furtifs pizzicatos. Memento Mori (1992) a pour objet de nous plonger « dans les abysses de l’amour perdu et de la solitude », prise de tête tout à fait réussie. Les ambiances introspectives de cette œuvre sont traversées par des sautes d’humeur exprimant une psyché parfois torturée. Le tout se conclut dans la sérénité et l’apesanteur de Kol Nidre (1996), linéaire, simple, minimaliste, céleste. 

Alain Brunet - La Presse