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Livret
Sibelius 1

La Presse +
15 avril 2019

POSTROMANTIQUE
SYMPHONIE FINLANDAISE
4 étoiles sur 5
Yannick Nézet-Séguin dirige la Symphonie no 1 de Jean Sibelius op. 39, exécutée par l’Orchestre Métropolitain (OM) et enregistrée sous étiquette ATMA classique. Composée à la toute fin du XIXe siècle, cette œuvre incarne le postromantisme finlandais, marqué par les musiques russe, allemande ou française de l’époque ayant précédé celle-ci ; on pense notamment à Tchaïkovski (surtout), à Rimski-Korsakov, Wagner, Bruckner, Berlioz... Force est d’observer que l’Orchestre métropolitain poursuit sur la lancée qui l’a mené à un niveau manifestement supérieur depuis sa tournée internationale en 2017. Chacun des quatre mouvements de l’œuvre est superbement exécuté, à partir du solo de clarinette de Simon Aldrich dans le premier mouvement Andante, ma non troppo-Allegro energico, jusqu’au Finale (quasi una fantasia) : Andante-Allegro molto, qui bourgeonne et éclate à la manière d’une irruption collective. L’OM et Nézet-Séguin parviennent à illustrer les grands espaces nordiques évoqués dans la partition, à mettre en valeur l’écriture consacrée aux vents (surtout les bois), à rendre fidèlement la théâtralité des timbres graves, à illustrer les nuances et à magnifier les crescendos. On pourrait discuter de la longueur de cette seule matière au menu de l’album, soit 41 minutes et 6 secondes, et déplorer qu’une seconde œuvre n’ait pas été adjointe au plat de résistance. Mais cela ne diminue en rien la qualité d’exécution et la clarté orchestrale induite par l’OM et son chef.

— Alain Brunet, La Presse
 

ICI Musique
12 avril 2019

ATMA classique a choisi de nous faire redécouvrir, à travers une série de parutions, les symphonies de l’un des compositeurs nordiques les plus célèbres, le Finlandais Jean Sibelius. Qui de mieux que le charismatique Yannick Nézet-Séguin et l’Orchestre métropolitain pour lancer le bal?

La Première symphonie de Sibelius dure une quarantaine de minutes. En musique classique, on se déplace rarement pour un programme aussi bref; c’est un moment qui passe en un clignement d’yeux. Lors de concerts, on jumelle souvent l’œuvre avec une autre symphonie, ou avec d’autres pièces qui servent d’amuse-bouche. En revanche, sur disque, la première de Sibelius a tout le mérite qu’il faut pour se tenir à elle seule. Nous sommes ici dans les débuts de l’œuvre du compositeur. Il faut savoir que Sibelius – un être tourmenté par des problèmes d’alcool et d’argent au cours de sa vie – crée cette musique à l’époque où la Finlande est dans le processus de s’affirmer comme pays indépendant (ça se fera en 1917). Le contexte a donc beaucoup inspiré Sibelius dans son œuvre. En retour, le compositeur a contribué, à l'époque, à définir l’identité culturelle du pays.

Son héritage musical s’inscrit dans les traditions symphoniques russe de la fin du 19e siècle et du début du 20e, notamment Tchaïkovski, Rimski-Korsakov et Rachmaninov. Mais laissons ces comparaisons et ces analyses aux fines oreilles. Ce qu’une oreille non avertie retiendra, c’est surtout une musique qui travaille l’imaginaire et l’émotivité de l’auditeur. La musique de Sibelius, bien qu’elle soit fort savante, demeure tout aussi accessible. On constate dans cette Première symphonie un ensemble cohérent. Étrangement, cette cohérence naît de la juxtaposition de textures musicales contrastantes. Chacun pourra donc en retenir un sentiment unique. Les uns seront remués par la tension-détente romantique et les allures quasi wagnériennes du premier mouvement (Andante ma non troppo - Allegro energico), les autres pourront se laisser frissonner devant la délicatesse du second mouvement ou encore se surprendre à se bercer et à battre délicatement la mesure enivrante du Scherzo.

La symbiose entre Nézet-Séguin et son orchestre ne fait aucun doute. Il faudrait être plus que pointilleux pour relever des défauts dans cet enregistrement. Ensuite, on peut critiquer les choix de tempi, de dynamiques, de phrasés si le cœur nous en dit… ou plutôt si la tête nous en dit. Mais à quoi bon? L’analyse intellectuelle nous empêche parfois d’accéder à l’émotion qui sous-tend la composition. L’excellence a de quoi impressionner, mais l'exécution parfaite se doit d’être habitée d’une passion. La passion contagieuse, c’est une des spécialités du chef Nézet-Séguin, et la Première symphonie de Sibelius en devient ici un excellent véhicule.

Nathan LeLièvre ICI Musique
 

Medium large
12 avril 2019

« L'Orchestre montre ici une étonnante maîtrise du langage romantique de Jean Sibelius.»
Frederic Lambert qui commente l'album Sibelius 1 avec l'Orchestre Métropolitain et Yannick Nezet-Seguin à Médium large.

Pour écouter la chronique suivez ce lien: https://bit.ly/2P9noKz