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Livret
Marin Marais : Badinages

Ludwig van Montréal
27 avril 2020

Du compositeur et gambiste Marin Marais (1656-178), mes connaissances sont minces. Comme bien d’autres passionnés de musique et de cinéma, j’ai découvert son œuvre à travers le film Tous les matins du monde. Compositeur à la cour, ami de Couperin, Marais domina musicalement une bonne partie de son époque, honneur qu’il partagea avec son maître Sainte-Colombe. En ces heures où les concerts devant public sont momentanément impossibles, il devient primordial de donner un coup de pouce à nos artistes. La gambiste Mélisande Corriveau et le claveciniste Eric Milnes revisitent l’œuvre de Marin Marais dans un esprit empreint de poésie et de tendresse. Si ce corpus fut amplement exploré par nul autre que Jordi Saval, une référence en soi, cette nouveauté disponible sur internet vous apportera calme et réconfort. Nos deux interprètes offrent une vision tout à fait convaincante, techniquement impeccable et stylistiquement attrayante. Du très beau travail qui dénote une fois de plus la richesse du talent de nos musiciens. 

Christophe Rodriguez - Ludwig van Montréal

Le Parnasse musical
11 avril 2020

Sommet du Parnasse******
Le grand Marin Marais, l’un des plus illustres compositeurs français, a écrit plus de 500 pièces pour la viole de gambe. Entre 1686 et 1725, il publia cinq livres consacrés à cet instrument unique. Les timbres délicats de la viole ont fait de l’instrument le médium parfait des confidences, de la solitude et du confinement. En ces temps de pandémie, se retrouver avec soi-même et une viole de gambe peut faire le plus grand bien!

L’instrument joué par Mme Corriveau est un magnifique Barak Norman construit à Londres en 1691. La violiste, fidèle collaboratrice de plusieurs ensembles baroques, s’est finalement offert la totale avec ce disque émotif, sensible, qui fascine autant qu’il réconforte. Son art, parfaitement maîtrisé, libre et intuitif, généreux en inflexions tendres et passionnées, est agrémenté par des ornements d’une finesse exquise. Les notes aiguës frémissantes, frottées d’un crin parfois imperceptible, portent en elles une indicible beauté. Eric Milnes, subtilement en retrait, met en valeur la musicienne par un clavecin aux intonations douces et réservées.

Le choix des pièces peut se voir comme en hommage aux plus grands violistes qui l’ont précédé. Il y a bien sûr Jordi Savall, encore omniprésent dans l’air de Tous les matins du Monde. Ces pièces familières semblent bien lointaines maintenant. Avouons-le sans ambages, Mélisande Corriveau a décroché ces vieux draps sombres que le très austère Savall avait imposé aux scènes du film. En dépoussiérant le répertoire, elle a instauré une fraîcheur nouvelle à l’oeuvre de Marais. La dernière pièce du disque, Les Voix Humaines n’est pas là pour rien. Certainement, ce choix délibéré est une salutation sincère et bien sentie d’une collègue envers ses amies musiciennes. Cet ensemble bien connu, fondé à même le génie de Marin Marais, fait encore chanter ses violes à travers le temps.

Le Parnasse musical