EN

Panier 0 item(s) Voir mon panier Me connecter

Pleins feux sur Olga Ranzenhofer

 

La musique pour un temps : des musiciennes et des musiciens parlent de leur vie pendant la pandémie de COVID-19: Olga Ranzenhofer.

Dans le cadre de notre série d'entretiens avec des musiciennes et des musiciens pendant la pandémie, voici notre rencontre avec Olga Ranzenhofer, violoniste et directrice artistique du Quatuor Molinari.

Olga Ranzenhofer est reconnue comme une figure de proue de la musique contemporaine au Québec. En 1997, elle a fondé le Quatuor Molinari. Elle a occupé le poste de premier violon de la Société de musique contemporaine du Québec et de l'Orchestre de chambre de Montréal et a également été membre du Quatuor Morency. Elle a commandé de nombreuses œuvres pour violon et piano et pour quatuor à cordes. En 2000, elle a reçu le prix Opus de la personnalité de l'année décerné par le Conseil québécois de la musique. En 2009, elle a été nommée ambassadrice du Centre de musique canadienne en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la scène musicale canadienne. Ses derniers enregistrements ATMA Classique avec le Quatuor Molinari comprennent l'intégrale des quatuors à cordes de Henryk Górecki et la musique de chambre de Ludovico Einaudi.

Quelle a été votre dernière prestation en salle avant le début du confinement?

Nous avons pu faire un dernier concert le 14 mars quand les petits rassemblements étaient encore permis. C’était dans le cadre de notre série Musique à voir à la Fondation Molinari. On a joué le 3e quatuor de Philip Glass, le quatuor de Germaine Tailleferre et le 2e de Górecki dont la sortie de l’intégrale a eu lieu le 20 mars. Il y avait quelque chose de spécial dans l’air, nous savions que c’était notre dernier concert pour un petit bout de temps. Nous espérions à ce moment que les activités reprendraient en mai. Jamais on n’aurait pensé que 4 mois plus tard nous serions toujours à l’arrêt.

En quoi votre routine quotidienne a-t-elle changé au cours de la pandémie?

Étant donné que les écoles ont été fermées dès le 13 mars, je n’avais plus à me lever à 6h30! Le début de la pandémie a été une cure de sommeil pour moi. Et elle a duré plusieurs semaines! Au début, je faisais beaucoup de travail de gestion et d’administration avec les annulations et les reports des concerts. Moi qui courais toujours après le temps, j’avais mes journées qui m’appartenaient.

Quel aspect trouvez-vous le plus difficile dans cette nouvelle réalité que nous vivons tous?

L’incertitude et l’attente sont les aspects les plus difficiles. On fait des plans, on les défait, on recommence. Tout comme les diffuseurs, on attend les consignes gouvernementales. Même aujourd’hui en ce début de juillet, on ne sait pas si on pourra jouer cet automne et où auront lieu les concerts! Depuis presque quatre mois, je pratique des œuvres pour quatuor sans savoir quand je retrouverai mes collègues pour les travailler en groupe ni lesquelles on pourra jouer en concert. En tant que quatuor, on ne peut pas faire de concerts virtuels, chacun de chez nous dans des formats comme Zoom. C’est contre l’essence même de la musique de chambre, car on travaille continuellement à la recherche d’un son unique et d’une respiration commune. Il y a maintenant une petite lueur d’espoir avec des concerts avec distanciation physique devant un public restreint. Nous commencerons à répéter sous peu en gardant nos distances, car nous avons créé une série de concerts intimes qui se donneront à la Fondation Molinari avec un maximum de 20 personnes. On a tellement hâte de jouer pour le public, alors on crée nos événements suivant les normes gouvernementales!


Comment vous occupez-vous depuis l’interruption des concerts en salle?

Les deux premières semaines, je me disais que j’allais profiter de cette pause pour contacter les diffuseurs et booker des concerts pour la saison prochaine. Mais ceux qui me répondaient m’écrivaient qu’ils ne pouvaient rien faire pour le moment, tout étant incertain. Alors, j’ai mis les dossiers de côté. J’ai alors décidé de prendre plus de temps pour pratiquer mon violon en vue du concert de mai du Molinari. Après quelques semaines, avec l’ampleur de la pandémie, on a vu les concerts être annulés les uns après les autres, le nôtre n’y échappant pas. Une fois que la saison de concerts a été définitivement annulée, mes collègues et moi avons finalisé la programmation pour la saison prochaine. Ensuite, on s’est penchés sur un plan B, pour des concerts dans d’autres lieux et avec un répertoire exigeant moins de répétitions. Maintenant, je travaille les demandes de subventions pour les programmes spéciaux du CALQ. Ça ne finit jamais!

Vers quelle musique vous tournez-vous le plus souvent depuis l’éclosion de la pandémie?

Le travail n’est jamais très loin, alors j’explore le répertoire du quatuor à cordes et j’écoute les œuvres que nous jouerons la saison prochaine. J’adore aussi écouter des opéras, car cela nous plonge dans un autre monde et la musique est fantastique.

Cette période d’isolement a-t-elle eu de bons côtés ou des avantages imprévus pour vous?

Oui! Je courais tout le temps et là je me permets de prendre du temps pour moi. Il n’y a plus d’urgence! On a beaucoup plus de temps de qualité en famille, ce qui est très important pour moi. On cuisine beaucoup et comme tout le monde, on s’est mis à faire notre propre pain!

Je prends des marches, j’utilise plus mon vélo pour mes déplacements, et avec le beau temps, je jardine beaucoup. C’est mon passe-temps préféré.

Comme beaucoup de monde, j’ai eu le temps de faire du rangement, de classer des documents et de faire un bon ménage du printemps!

Auriez-vous un conseil à nous donner pour nous aider à traverser cette période d’incertitude?

On vit tous un moment historique, qui je l’espère, ne se reproduira plus. Prenons le temps de faire le point sur notre façon de vivre et de travailler. J’espère que l’on pourra tous tirer des leçons de cette période si unique en équilibrant mieux nos vies entre le travail, la famille et les bonheurs de la vie.

Propos recueillis par Luisa Trisi, Big pictures Communications
 

07/07/2020
ATMA Classique remporte deux Junos
La semaine dernière, deux des cinq enregistrements ATMA Classique nommés aux JUNOS ont reçu deux prix. Les JUNOS représentent la plus haute distinction musicale au pays ! Toutes nos félicitations à la compositrice Ana Sokolović, et au Ottawa Bach Choir, s
Lire l’article
30/03/2020
Ad Litteram acquiert ATMA Classique
Montréal, le 30 mars 2020 – Johanne Goyette, fondatrice et présidente d’ATMA Classique, et Guillaume Lombart, fondateur et président d’Ad Litteram, ont conclu une entente portant sur l’acquisition de Disques ATMA inc., entente qui entrera en vigueur le 1e
Lire l’article

Pleins Feux [+] Archive

Olga Ranzenhofer
Dans le cadre de notre série d'entretiens avec des musiciennes et des musiciens pendant la pandémie, voici notre rencontre avec Olga Ranzenhofer, violoniste et directrice artistique du Quatuor Molinari.
Lire la suite...
Marina Thibeault
La musique pour un temps : des musiciennes et des musiciens parlent de leur vie pendant la pandémie de COVID-19: l'altiste Marina Thibeault
Lire la suite...
David Jacques
Notre série d'entretiens avec des musiciens pendant la pandémie se poursuit, cette fois avec le guitariste et luthiste David Jacques. 14 Histoires de guitares est son tou dernier enregistrement avechis latest recording for ATMA Classique, publié en janvie
Lire la suite...