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CD booklet
Inspirations

Diapason
April 24, 2019

5 Diapasons

Mélisande McNabney propose une lecture très séduisante de d'Anglebert ; le foisonnement du détail sonne avec une appréciable fluidité dans la Courante ; la complexe Chaconne décline son refrain avec une belle autorité, à laquelle des couplets opposent une délicatesse toute vocale, dans un rubato savamment dosé. On apprécie également la maîtrise de la pulsation dans la Passacaille d'Armide ; la musicienne y développe les textures de l'orchestre tout en assouplissant les courbes des épisodes en trio.

Full review in French HERE 

ICI Musique
March 1, 2019

La claveciniste Mélisande McNabney, une étoile montante de la relève musicale d’ici, sort un premier album sous étiquette Atma classique, Inspirations, qui rend hommage à l’art de la transcription. D’Anglebert, Forqueray et Rameau sont à l’honneur, avec des transcriptions réalisées par eux-mêmes, ou par Mélisande, en leur honneur.

Les pièces de D’Anglebert (musicien talentueux pourtant atteint d’un fort strabisme, et qui joua dans l’orchestre de Lully chez Louis XIV) sont des transcriptions de pièces pour luth. Leur sonorité d’ensemble est aérée, telles les notes pointées produites par l’ancêtre de la guitare.

De Forqueray (fils d’un autre musicien bien connu de son temps, ce qui fait qu’il est parfois difficile de déterminer qui a écrit quoi!), nous entendons de belles œuvres à l’origine pour viole de gambe. La différence avec D’Anglebert est remarquable : les lignes sont ici bien plus soutenues, créant un écrin riche et ample qu’il est difficile d’exprimer au clavecin (instrument à notes pincées, et non frottées, comme la viole). Pourtant, et c’est là l’évidente réussite du transcripteur, la partition permet à la claveciniste de créer l’illusion de textures fluides, continues et même legato. Chapeau à Mélisande pour rendre avec tant de perfection et d’apparente aisance cette expression technique très exigeante.

De Rameau, Mélisande a repris des extraits d’opéras, qu’elle a transcrits elle-même. Souvent fougueux, l’énergie et la vivacité de l’interprète leur donne un souffle de vie stimulant.

Frédéric Cardin – ICI Musique

Le Parnasse musical
February 14, 2019

Mélisande Mcnabney possède un jeu richement ornementé, d’une improvisation intuitive, tout à fait approprié pour ce genre de répertoire. La claveciniste prend le temps de respirer cette musique, d’en suspendre délicatement le temps. Son D’Anglebert est très beau, méditatif, d’un geste gracieux et dansant. Mme Mcnabney semble avoir une affinité particulière pour cette période milieu 17e siècle. On souhaite déjà l’entendre se consacrer à un autre grand: le magnifique Jacques Champion de Chambionnères (1601-1672), dont D’Anglebert fut l’élève.

Avec Forqueray, musicien bouillonnant aux idées neuves, elle s’investit totalement en pulsions abruptes, acérées, telluriques. Son plaisir de jouer est contagieux. Jupiter est mordant et parfois terrifiant! Tandis que Rameau est rondement mené, autant cérébral que bien senti. Elle lui rend d’ailleurs hommage par quelques transcriptions réussies d’extraits de Platée et des Indes Galantes.

Dommage que, pour ce premier disque, la prise de son soit si proche. On est vraiment au coeur des résonances de l’instrument, d’une splendeur royale soi-dit en passant. Mais on est également en plein milieu de ses moindres défauts et de ses tempéraments inégaux. Ni tout à fait juste, ou parfois franchement faux, l’instrument a probablement été très difficile à ajuster. Et l’oreille, elle, n’y arrive pas toujours…

Sans compromis, d’une acoustique audacieuse aux couleurs vives et contrastées, ce premier disque solo de la petite fille de Mireille Lagacé nous présente une musicienne sûre de son talent, libre et volontaire. Elle est déjà en pleine possession de ses moyens et de sa propre personnalité aux multiples facettes. On attend la suite, ou les Suites!

Le Parnasse musical 

Le Devoir
February 8, 2019

Inspirations
★★★ 1/2

À voir ou à entendre moult commentaires empressés avant même sa sortie, ce CD semble avoir suscité un engouement inhabituel au Québec pour le clavecin. Il est vrai que l’artiste a de quoi engendrer la curiosité : 3e Prix à Bruges en 2015, elle est la fille d’Isolde Lagacée, directrice de la salle Bourgie, descendante d’une lignée de musiciens, ses grands-parents étant Mireille et Bernard Lagacé, et sa tante Geneviève Soly. Le programme attire l’oreille par deux superbes plages uniques : des transcriptions de « Tendre amour » des Indes galantes et de l’air de la Folie de Platée de Rameau. Elles permettent au CD de se distinguer par rapport aux enregistrements dominants de Christophe Rousset (Decca 2000 et 2001), foisonnants et mobiles, à l’inimitable et impérieux raptus (Passacaille d’Armide de Lully, ChaconneD’Anglebert, 5e Suite de Forqueray). Le geste vif et un accord instrumental plus bas de Rousset se distinguent de la démarche creusée de la Québécoise, accentuée par une captation proche dans ce beau CD, personnel et réfléchi.

Christophe Huss - Le Devoir 

Medium large
January 11, 2019

L'altiste et chroniqueur Frédéric Lambert présente les meilleures parutions récentes en musique classique et des concerts à venir dans ce domaine. Il est question de l'album "Inspirations", de la claveciniste montréalaise Mélisande McNabney, qui y reprend à sa façon des airs de Rameau et de Forqueray. Frédéric Lambert explique à Catherine Perrin que ce disque expressif explore de multiples directions.

Pour écouter la chronique: https://bit.ly/2VUJ4wX