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Livret
Schieferlein: Sonates en trio

Fanfare
6 avril 2018

The surprise here is the first recording of three trio sonatas by Otto Ernst Gregorius Schieferlein, who was born in Hamburg in1704 and died in 1787. These works have come down to us through an 18th-century manuscript copy in the Royal Conservatory of Brussels. He also wrote a wedding oratorio and a cello concerto, but apparently, once you’ve heard those two works and these three trio sonatas, you’ve pretty much come to the end of extant works positively attributed to him. That’s a shame, because his trio sonatas (scored for violin, cello, and basso continuo) stand up to Telemann’s and C. P. E. Bach’s pretty well. They are at last as good as the other music on this CD. As he was a contemporary of C. P. E. Bach, who, between 1768 and his death in 1788, also was active in Hamburg, it is not surprising the Schieferlein’s trio sonatas resemble Bach’s more closely than they resemble Telemann’s. Sample the ebullient first Allegro movement from the Sonata in A, and see if the music doesn’t pull you in! Then compare it to the final Allegro from C. P. E. Bach’s Trio Sonata in G and see if you can’t hear the affinities. (This is even though Bach’s Trio Sonata swaps the cello for a flute.)

Guest artist Anne Thivierge participates in that last work. Clearly a team player, she in no way tries to upstage Pallade Musica’s violinist, Tanya Laperrière. Here, and in other works on this disc, I sometimes found Laperrière’s sound unpleasantly wiry, although not to a great degree. The other members of Pallade Music are cellist Elinor Frey, harpsichordist Mélisande McNabney, and versatile Esteban La Rotta, who plays a theorbo, a 10-course lute, or a four-course guitar in different works on this CD. Fast movements are energized without being hectic, and slow movements are given opportunity to generate a melodic bloom. The blend is very nice.

I would not be surprised if other Baroque specialists, after hearing this disc, decide to try their hands at Schieferlein’s sonatas. They are that good. Perhaps you should be the first kid on your block to take a ride on the Schieferlein train.

Raymond Tuttle © 2018 Fanfare

The WholeNote
30 janvier 2018

The importance of this disc by Pallade Musica cannot be overstated, for without the compelling performance of three sonatas Otto Schieferlein might have remained the historically curious academic that he has been for almost 300 years. Although each of his three sonatas does not deviate far from the dictates of the Baroque era, with its contrapuntally driven form fashionable after J. S. Bach, there is a unique, languid elegance in the manner in which each of the sonatas flows.

Moreover, Sonata No. 2 in F Major is extended by a slender, statuesque French Menuet, a gorgeous five-minute depiction of the vivid spectacle that often filled 17th-century ballrooms. The sonatas demonstrate Schieferlein’s skill at plumbing the depths of feeling. In sweeping movements Sonata No.1 in E Minor evokes dark and light, the solemn and the sparkling through interweaving lines of unflinching passion. The writing here as well as in Sonata No.3 in A Major is at once fierce, haunting and mystical.

Georg Telemann’s Trio Sonata, and Carl Philipp Emanuel Bach’s Fantasia in D Major and Sonata in G Major for flute, violin and continuo, are not mere musical appendages. Each has individual character. The willowy sinews of Telemann’s sonata break through the balletic Siciliana movement to the spikey energy of the final Allegro assai. And the Fantasia and Sonata by C.P.E. Bach are quiet personal evidence of an inspired artistic genius. 

Raul Da Gama - The WholeNote

Ludwig van Montréal
2 janvier 2018

Pallade Musica : les petits plaisirs hambourgeois de Schieferlein

Pallade Musica, ensemble baroque montréalais qui se hisse déjà parmi l’élite internationale de la musique baroque (un deuxième prix au Concours International Van Wassenaer à Utrecht en 2014), adore nous faire découvrir des compositeurs méconnus. C’est encore le cas avec son plus récent album consacré à la musique d’Otto Ernst Gregorius Schieferlein (1704-1787), paru chez ATMA Classique.

La musique entendue trahit des sentiments et une attitude italianisante, que l’on peut comprendre étant donné l’époque de l’écriture, mais en plus réservée, voire pudique.

C’est que l’on se retrouve à Hambourg, et non à Venise ou Rome, avec ce Schieferlein dont on sait en réalité peu de chose, sinon qu’il était chanteur et surtout copiste et qu’il a côtoyé entre autres Telemann et C.P.E. Bach dans cette ville. On comprend mieux ainsi l’insertion dans le programme, aux côtés de trois sonates en trio pour violoncelle de Schieferlein, d’œuvres de Telemann et Bach.

On devine la patte d’Elinor Frey, violoncelliste de talent exceptionnel, qui explore depuis de nombreuses années déjà toutes les vieilles archives européennes afin de dénicher des trésors bien cachés écrits pour le violoncelle par d’autres compositeurs que les bien connus Bach et Vivaldi. Allez faire un tour sur le site d’Elinor et vous ferez des trouvailles tout à fait emballantes!

Une autre vérité sur ce Schieferlein et sa musique est que sa paternité des œuvres entendues ici demeure incertaine. Les manuscrits retrouvés comportent des différences d’épellation de son nom (ce qui indique qu’elles ne sont pas autographiées). Comment être absolument certain? Impossible, mais là n’est pas la question essentielle. La musique est-elle belle? Oui, bien entendu.

On devine un esprit raffiné et rigoureux dans l’application de la science musicale, mais assez peu d’extravagance, comme je l’indiquais plus haut. Il semble logique que nous ayons affaire à un artiste qui ne soit pas de première stature, ce qui correspond avec les notes biographiques dans lesquelles on apprend qu’il a été copiste pour Telemann pendant la longue présence de ce dernier à la direction musicale de la Katharinenkirche de Hambourg. Notes qui nous apprennent aussi qu’il a exercé le même métier pour C.P.E. Bach à l’arrivée de celui-ci au poste laissé vacant par le décès de Telemann, en plus d’avoir, à 72 ans, chanté dans la Passion selon saint Jean du deuxième fils de Jean-Sébastien.

Après leur splendide Verso Venezia, où la flamboyance de l’Italie vénitienne éclatait en mille teintes de rouges, jaunes, orangés, ocre et sépia, les nuances de cet album Schieferlein tendent plutôt vers les bleus et gris très doux, ceux d’un Nord hanséatique qui sait nous réserver encore quelques agréables surprises.

Pourrait-on critiquer le jeu des quatre magnifiques interprètes qui forment Pallade Musica? Fort peu, si même on essayait de le faire!

Tanya Laperrière au violon, Elinor Frey au violoncelle, Esteban La Rotta au théorbe et au luth et Mélisande McNabney au clavecin ont développé une solide complicité qui s’ajoute à une intonation parfaite et une technique d’ensemble de très haut niveau.

Schieferlein n’est peut-être pas la découverte majeure des dernières années, mais l’approfondissement de notre connaissance du répertoire de violoncelle en petit ensemble demeure une entreprise essentielle qui ne peut pas être dénuée de plaisirs, même modestes.

Il n’y a pas de doute à avoir : Pallade Musica s’affirme comme l’un des meilleurs ensembles baroques sur la scène mondiale actuelle et confirme le statut de Montréal comme capitale nord-américaine de la musique ancienne.

Frédéric Cardin - Ludwig van Montréal

 

Le Parnasse musical
1 novembre 2017

Pallade Musica, jeune ensemble baroque de Montréal, a enregistré en première mondiale les trois sonates en trio de ce compositeur pratiquement inconnu. Ce qui a probablement attiré l’attention des musiciens sur ces vieux manuscrits, s’explique non seulement par la découverte d’une musique belle, savante et intéressante mais aussi par ses parties incroyablement relevées du violoncelle, que le compositeur a traité d’égale façon avec le violon.

Schieferlein était le copiste et assistant de Telemann et puis de C.P.E. Bach à Hambourg. Il fut également chanteur alto pendant plusieurs années. On ne sait à peu près rien d’autre. Il ne reste que ces trois sonates en trio, qui lui sont attribuées. C’est une musique calquée de près sur Vivaldi et celle de Telemann. Un bon mélange de genre, du bon baroque sans prétention d’où on appréciera des idées qui sortent de la routine, dont une prédilection pour d’heureux bariolages accordés aux deux voix principales.

Pallade Musica s’est appliqué à donner un son d’ensemble très délicat, fait de virtuosité légère et fluide à ces oeuvres agréables et stimulantes. On apprécie le naturel du violon de Tanya Laperrière, et la prestance d’Elinor Frey, toujours précise et rapide dans les passages les plus exigeants. On aurait aimé cependant un peu plus de folie et de laisser aller à certains endroits que la musique de Schieferlein semble demandée.

Choix esthétique assumé ou non, les musiciens ont réussi à nous charmer. À noter, la très belle réussite de la sonate en trio de C.P.E. Bach, dans une prise de son légèrement différente des autres pièces du disque, avec une belle aération entre les instruments.

Le Parnasse musical